Femmes dans les assurances : portraits croisés

 

Le point commun de ces femmes ? Elles travaillent toutes dans une entreprise d’assurances, chez AG​. En ce 8 mars, à l’occasion de la journée des droits de la femme, nous sommes allées à leur rencontre, pour parler d’elles, de leur job et de leur place en tant que femme dans l’entreprise.

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REBONDIR ET POUSSER DE NOUVELLES PORTES
​C’est ce que Frieda Pollet a mis en application dès son arrivée dans le monde du travail. Licenciée en philologie classique, elle a vite décidé de se former à l’informatique, pour s’ouvrir de nouvelles portes. D’abord consultante, elle a participé avec enthousiasme aux débuts de la digitalisation du secteur. Mais c’est en tant que sales manager qu’elle s’est pleinement épanouie. Un métier plutôt masculin ? « Pas du tout ! J’ai trouvé dans ce job les challenges qui me conviennent, les contacts et les défis. J’adore ! ». Alors qu’elle admet avoir été confrontée à des stéréotypes liés aux genres il y a 20 ans, surtout dans le secteur commercial où certains pensaient que le stress et la pression convenaient mieux au tempérament masculin, elle n’en a jamais pris ombrage : « Pour moi, être une femme est plutôt un atout dans mon métier. Elles ont plus de capacités pour pouvoir gagner la confiance de leurs relations professionnelles ». Si elle admet que l’empathie et le quotient émotionnel sont très importants, elle estime que « le caractère, la mentalité, la capacité de vouloir performer sont bien plus importants, tout comme le fait d’être une personne forte et de pouvoir gérer le stress. Qu’on soit un homme ou une femme, ce sont les qualités propres à un bon sales manager ! ».​​


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Frieda trace sa route et a tiré profit de son expérience pour conseiller sa fille : « J’ai fait les études que j’aimais. Cependant mon parcours démontre qu’il est important de voir plus loin, de tenir compte de ce que l’on veut faire avec ses études. Nous avons longuement discuté et elle a choisi une voie lui offrant beaucoup de débouchés. Elle est aujourd’hui ingénieure commerciale et son parcours est très proche du mien. Pour sa première expérience professionnelle, elle a en effet opté pour une place de… consultante en informatique ! » Joli clin d’œil d’une génération à la suivante.


Viser l’essentiel et saisir chaque opportunité



​​Les assur​ances et la gestion des sinistres sont le fil rouge de sa carrière. ​Elle, c’est Michèle Lefevre. Elle a commencé en tant que gestionnaire Sinistres Cas Graves RC entreprises pour des entreprises de +250 personnes, mais s’est vite rendu compte que l’envie de leadership était très présente : « J’ai toujours aimé animer et motiver mes collègues, gérer des projets et faire bouger les choses. Je suis devenue Team Leader, puis Head of Contract Management chez AG et puis, Deputy General Manager, une fonction que j’exerce avec plaisir ». Elle a grimpé les échelons, mais a gardé les pieds bien sur Terre, estimant que les femmes peuvent vivre par moment leur polyvalence comme une véritable pression : « Les femmes cumulent carrière, obligations familiales et vie sociale. C’est vrai que cela peut être une pression, car nous ne voulons délaisser aucun de nos rôles, mais c’est aussi une bonne école pour apprendre l’efficacité. En effet, en tant que femme, nous devons souvent pouvoir délivrer dans un temps défini. Cela m’a appris à viser l’essentiel et à me concentrer sur les priorités ». 



Quand on lui demande si elle est inspirée par un modèle féminin, Michèle ne cache pas son enthousiasme pour la culture scandinave, qui met l’accent sur la parité, mais aussi sur les compétences et l’autonomie de chaque membre de la société. « Sanna Marin, la première ministre finlandaise, est un très beau modèle de cette culture. J’aime beaucoup sa devise, ‘Pourquoi pas moi ?’ Comme elle, j’ai saisi chaque opportunité parce que j’avais confiance en mes capacités ». Se poser la question de la légitimité parce qu’on est une femme, très peu pour elle… « Oui je​​ suis une femme, mais je ne suis pas juste définie en tant que telle. Je m’exprime par mes idées, mes compétences et mes projets ». Les conseils qu’elle donne à sa fille aujourd’hui ? « Lui apprendre à avoir confiance en elle et ne pas se laisser décourager par les inévitables obstacles et difficultés. Et lui montrer qu’on a les capacités de négocier les situations difficiles et les urgences ». 


Rester soi-même, la clé
Avant d’être directrice commerciale Sud chez AG, Sophie Vander Auwera a découvert de multiples aspects du monde de l’assurance, de l’actuariat à la gestion de projet, en passant même par le poste d’assistante du CEO. Aujourd’hui sur le terrain, elle estime que c’est une chance unique de découvrir le métier de l’assurance : « Chaque jour est différent et c’est certainement ce que j’aime le plus ! » confie Sophie. Évoluant dans une équipe masculine, elle estime qu’il y a des situations professionnelles que les femmes abordent différemment des hommes : « En tant que femmes, nous avons une sensibilité différente des hommes. Ou à tout le moins, nous l’exprimons différemment. On réagit aussi d’une autre manière en cas de conflit ». Si elle fait encore face à certains clichés dans son métier (les femmes dans l’administratif, les hommes dans le volet commercial), elle constate aussi que les frontières se nuancent de plus en plus et se réjouit de voir de plus en plus de femmes devenir patronnes de bureaux de courtage, par exemple. ​



Son meilleur conseil ? « Il vaut pour tout le monde, homme ou femme. Rester soi-même. Pour être épanoui.e dans son travail, il faut pouvoir se sentir bien. Nous pouvons et devons tous tenir compte du feedback qui nous est donné, sans pour autant se perdre. C’est donc plus une question d’arrondir les angles ». Et quand on lui parle de femme inspirante, Sophie cite sa maman et ses grands-mères, mais aussi la chanteuse Luz Casal : « Surmonter les épreuves de la vie comme elle doit être une inspiration pour tous, au-delà du fait que c’est une chanteuse exceptionnelle ». Sophie s’apprête très prochainement à relever un nouveau défi dans sa carrière, en tant que Directrice Life Operations. « Je me réjouis ! », conclut-elle.

La complémentarité dans la différence

D’abord actuaire au Luxembourg dans des structures plus petites, Nathalie Vanderbecken y a fait ses armes en s’occupant de la gestion de contrat, de clôture comptable, de développement d’outils informatiques… Des tâches très variées qui lui ont permis de remplir son bagage avant de revenir en Belgique en 2007 et d’occuper diverses fonctions chez AG, avec pour fond le modèle Solvency II. Après un passage en tant que Chief Risk Officer chez AG Real Estate, filiale immobilière d’AG, et chez Employee Benefits, Nathalie exerce aujourd’hui cette même fonction chez AG. La différence entre les hommes et les femmes dans le monde de l’entreprise ? Selon Nathalie, elle se marque plus particulièrement dans les changements de fonction et l’express​ion des ambitions : « les hommes sont plus assertifs, alors que les femmes ont peut-être plus tendance à attendre qu’on vienne les chercher, elles se posent plus de questions. Là où les hommes foncent pour atteindre leur résultat, les femmes jouent plutôt sur l’influence. Mais tout n’est pas noir ou blanc, la personnalité et le caractère jouent là aussi un rôle important ». Nathalie estime que la profession « Risk » s’est féminisée ces dernières années, ce qui n’est pas une surprise pour elle : « les femmes sont naturellement plus ‘risk averse’ », dit-elle. Mais elle nuance : « Le métier de base d’un assureur, c’est gérer les risques et transférer les risques. Et comme les hommes et les femmes ont statistiquement et naturellement des attitudes différentes dans ce domaine-là, il est important de garder leur complémentarité ». 


Son conseil à tous ceux qui démarrent leur carrière ? « Homme ou femme, il faut pouvoir se positionner de manière assertive et avoir confiance en ses propres compétences ». Quand on lui parle de femmes inspirantes, Nathalie n’en manque pas ! « J’admire Katherine Johnson (physicienne et mathématicienne américaine, ndlr) pour sa capacité et son intelligence à se placer au-dessus de la mêlée et de s’investir à fond dans ce qu’elle croit, peu importe les brimades. Simone Veil, également pour sa capacité d’abstraction par rapport à sa propre personne et sa volonté de se placer au-dessus du débat, mais aussi pour sa vision humaniste et collégiale. Kathrin Switzer (la 1re femme à avoir couru le marathon de Boston, ndlr) pour sa force intérieure et pour sa volonté de montrer au monde que tout est possible, si on le veut. Et enfin Marie Curie, pour son influence et son intelligence ». 

Enfin, Nathalie tient à mettre en avant une cause qui lui tient particulièrement à cœur : l’éducation et l’école pour toutes les filles dans les pays défavorisés : « aller à l’école est un moyen d’émancipation énorme et une possibilité d’ouverture sur le monde. C’est primordial. »

Un journaliste demanda un jour à Marie Curie : 
“Qu’est-ce que cela fait d’avoir épousé un génie ?” 
Elle répondit : “Allez donc demander à mon mari.”